A propos de l'opuscule de Jean Claude LE GUEZIEC
concernant le parcours à François TASSEL


par Pierrot MARTIN
co-président National de l'ANACR
Le devoir de mémoire se doit de ne pas occulter la vérité et de reconnaître à chacun ses mérites et ses actions véritables.

Voilà pourquoi à la lecture de cet opuscule, les Résistants encore parmi nous, ont été très étonnés de découvrir que le personnage principal s’attribuait des mérites totalement inconnus par tous jusqu’à présent. S’attribuait aussi des actions auxquelles il avait brillé par son absence et oubliait évidemment de citer les principaux protagonistes ou instigateurs des événements.

Écrit par ce qu’on appelle communément dans le langage littéraire un nègre, l’ouvrage est un tissu de contre vérités. L’auteur ne semble pas savoir qu’il existe des archives dans les Côtes d’Armor et qu’il est possible de les consulter. Ceci lui aurait évité de nombreuses erreurs de dates (quand il y en a), de lieu et de noms propres (de personnes ou de lieux).

Le personnage principal fut certes un grand résistant et nul ne le conteste, mais l’âge sans doute où des rancoeurs personnelles lui ont fait oublier que d’autres que lui ont marqué cette période si riche en événements.

Quelques exemples pris dans l'opuscule méritent d’être cités. L’attaque des Feldgendarmes à La Lande en Ploubezre où il attribue à un Autrichien Franz PETREI (déserteur de l’armée allemande quelques jours auparavant le 28 mai 1944) l’organisation de l’embuscade alors et tous les Résistants le savent, c’est Corentin ANDRÉ (capitaine MAURICE) qui en était à l’origine et présent sur place. Corentin qui a d’ailleurs relaté les faits plusieurs fois sans que quiconque à l’époque ne l’ai contredit mais maintenant qu’il nous a quittés, la tache est plus facile !

Un membre du commando : " Corentin m’avait demandé d’avoir un oeil sur Franz, car comme c’était la première fois qu’il combattait à nos côtés, il valait mieux surveiller son comportement. Dès les premiers coups de feu j’ai vu qu’il n’y avait pas à s’inquiéter ". Quant à écrire que cette embuscade avait été mise en place par Franz relève du mensonge pur et simple !

Tout au long de cet ouvrage s’ajoutent de fausses affirmations telles celle de la présence de François TASSEL dans l’attaque de la prison de Lannion, celle de l’attaque du maquis de Kerguiniou et celle de ses quatre mois sur le Front de Lorient (où il fit une apparition de deux jours), avant de partir au Maroc pour maintenir le joug colonial français (1).

Aucune découverte donc dans ces pages écrites pour un homme en mal de reconnaissance et qui pour y arriver utilise des moyens qui n’attirent pas le respect. Pourquoi avoir attendu 65 ans avant de publier cet ouvrage sinon que la disparition des principaux témoins, rendaient les affirmations plus difficiles à contester ?

Marcel DIGUERHER qui fut son adjoint ne cautionnait d’ailleurs plus depuis très longtemps les déclarations de François Tassel et comme Marcel est parti… " GILBERT " fut prié par la famille DIGUERHER de ne pas assister aux obsèques de leur époux et père, ce qui veut tout dire.

Jean LE JEUNE (Commandant ÉMILE chef départemental des FTPF) et Désiré CAMUS créateur du maquis de Squiffiec, tous les deux grands Résistants, ont publié il y a quelques années un livre sur leur parcours qui n’a jamais été contesté. Ils n’ont pas attendu d’être les seuls derniers témoins, mais il est vrai aussi qu’ils n’ont pas eu besoin de faire appel à un écrivain public.

En occultant les noms de ceux qui ont eux aussi mené le combat tels les Léon RAZUREL, Corentin ANDRÉ, Jean LE JEUNE, Georges OLLITRAULT, Armand TILLY et combien d’autres, l’auteur fait preuve de malhonnêteté intellectuelle et en diffusant de fausses vérités d’une imagination destructrice.

(1) : Témoignages : Jean LE JEUNE, Joseph LE MORVAN, Georges OLLITRAULT, Franz PETREI et Armand TILLY sur les affirmations de l'opuscule.
Pierre MARTIN
co président National de l'ANACR
auteur d'un ouvrage sur la période de l'occupation à Bégard